Travailler ne garantit plus toujours de pouvoir couvrir ses besoins essentiels. Selon la deuxième édition du baromètre Ipsos BVA réalisé pour l’Association nationale des épiceries solidaires (Andès), la précarité alimentaire s’aggrave en 2026.
Les restrictions alimentaires deviennent plus fréquentes
Les difficultés financières pèsent de plus en plus sur le quotidien des travailleurs pauvres. Selon l’étude, 49 % d’entre eux déclarent être souvent contraints de se restreindre sur leur alimentation, contre 45 % en 2025. Les conséquences sont visibles au quotidien :
- 54 % des travailleurs pauvres indiquent ne pas manger à leur faim ;
- 40 % sautent plusieurs repas chaque semaine pour permettre aux autres membres du foyer de manger ;
- 70 % déclarent se nourrir principalement de féculents ;
- 68 % ne consomment pas suffisamment de fruits et légumes frais.
Pour continuer à faire leurs courses, de nombreux ménages sont contraints de revoir l’organisation de leur budget familial. Ainsi, 80 % des personnes interrogées ont dû réduire d’autres dépenses du quotidien, comme :
- les déplacements ;
- le chauffage ;
- l’habillement ;
- les soins médicaux.
En parallèle, 69 % disent avoir diminué certaines dépenses essentielles comme la santé, l’énergie ou l’hygiène. Autre enseignement de l’enquête : les dépenses liées à l’alimentation constituent désormais le premier poste de dépenses pesant sur leur budget, devant le logement et les dépenses énergétiques.
Les familles avec enfants sont les plus fragilisées
L’étude met également en évidence les difficultés rencontrées par les familles avec enfants. Parmi les parents interrogés :
- 37 % des parents réduisent les portions servies à leurs enfants ;
- 28 % ne parviennent pas à les faire manger à leur faim ;
- 24 % leur font sauter des repas ;
- 55 % ne peuvent pas leur proposer suffisamment de protéines animales.
Les familles monoparentales restent particulièrement exposées. Plus de la moitié des parents concernés déclarent sauter eux-mêmes des repas afin de préserver ceux de leurs enfants. De plus, 82 % indiquent avoir souvent réduit des dépenses essentielles au cours des douze derniers mois.
Le recours aux aides recule
Et pourtant, les aides alimentaires sont moins sollicitées qu’auparavant. En 2026, 32 % des travailleurs pauvres déclarent y avoir eu recours, contre 36 % en 2025. Parmi les principaux freins évoqués :
- 64 % disent mal connaître les dispositifs existants ;
- 56 % estiment ne pas être éligibles ;
- 42 % ressentent de la honte à l’idée de demander de l’aide.
Cette situation s’accompagne également d’un fort sentiment d’abandon. Au total, 85 % des travailleurs pauvres estiment ne pas être suffisamment soutenus par les pouvoirs publics. Par ailleurs, 72 % se disent « soumis à un risque réel de forte précarité dans les prochains mois », selon l’étude.
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