Prix du carburant : les ménages ruraux davantage exposés
Partager sur les réseaux
Les dépenses à la pompe ne pèsent pas de la même manière sur tous les foyers. Une étude de l’Insee publiée en septembre 2026 montre que les ménages ruraux sont davantage exposés au coût du carburant, en raison notamment de déplacements plus longs et de revenus plus modestes.
Plus d’un ménage rural sur huit fortement exposé
En 2021, 2,2 millions de ménages propriétaires d’une voiture ont consacré plus d’un mois de leurs revenus annuels au carburant, soit 10,6 % des foyers véhiculés, selon l’Insee. Parmi les ménages particulièrement exposés, la moitié dépensait plus de 2 700 € par an en carburant. À titre de comparaison, la dépense annuelle était inférieure à 1 380 € pour la moitié de l’ensemble des ménages propriétaires d’une voiture.
Cette contrainte budgétaire apparaît plus marquée loin des villes. Dans les intercommunalités rurales, 13,5 % des ménages avec voiture étaient particulièrement exposés, contre 9 % dans les territoires urbains. La proportion atteignait même 16,7 % dans les espaces ruraux situés hors de l’influence des agglomérations.
Des kilomètres supplémentaires qui alourdissent la facture
Cet écart s’explique notamment par la place occupée par la voiture dans les déplacements quotidiens. Près de 90 % des actifs ruraux utilisent leur véhicule pour se rendre au travail, contre moins de 60 % dans les pôles urbains. Or, il s’avère que les ménages les plus exposés cumulent souvent distances importantes et faibles revenus. La moitié d’entre eux parcourait plus de 27 500 km par an, soit presque deux fois plus que l’ensemble des foyers véhiculés.
L’accès aux services et aux transports collectifs joue également un rôle : selon l’Insee, augmenter de 10 points la part de la population située à moins de dix minutes à pied d’une station de transports en commun réduirait d’environ 420 km la distance annuelle moyenne parcourue en voiture par ménage.
La hausse des prix du carburant accentue la pression sur le budget
L’évolution des prix à la pompe peut rapidement élargir le nombre de foyers concernés. L’Insee estime qu’avec les niveaux de prix observés au printemps 2026, 4,7 millions de ménages auraient consacré plus d’un mois de leurs revenus au carburant si ces tarifs avaient été appliqués à leur consommation de 2021, à revenus et comportements similaires. Cela représenterait 22,4 % des ménages véhiculés. Pour les foyers dont les déplacements automobiles sont difficiles à réduire, le carburant constitue ainsi une dépense contrainte susceptible de peser sur le budget familial, aux côtés du logement, de l’énergie ou encore des remboursements de prêts.