Alors que le conflit iranien perdure, la question des prix de l’énergie - et notamment du gaz - est de plus en plus au centre des préoccupations. Si l’État met en avant son désir de gagner en souveraineté et de grandement limiter l’impact carbone, d’autres études tirent la sonnette d’alarme quant à une flambée des prix imminente.
Vers une hausse de prix de l’ordre de 50 % d’ici 2030 ?
Parmi les scénarios les plus pessimistes pour les ménages français, on trouve une étude publiée récemment par le Beuc (Bureau européen des unions des consommateurs), qui rassemble plusieurs organisations spécialisées, dont l’UFC-Que Choisir. Celle-ci émet l’hypothèse que les prix du gaz viendraient à grimper très fortement en France au cours des prochaines années, et ce dès 2030 :
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Estimation basse de la hausse du prix du gaz (€/MWh) |
Estimation haute de la hausse du prix du gaz (€/MWh) |
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2030 |
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2035 |
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2040 |
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2045 |
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2050 |
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Des chiffres qui peuvent alerter, quand on sait que les factures énergétiques constituent une part importante du budget des ménages.
Les ménages les plus modestes piégés dans une spirale négative ?
Selon des chiffres avancés par le SDES (Service des données et études statistiques), environ 35,8 % des ménages français se chauffaient au gaz au cours de l’année 2020. Si l’on peut légitimement supposer que ce taux a légèrement baissé ces dernières années, en raison de la construction de nouveaux logements et des dispositifs d’aide à la rénovation énergétique (pompes à chaleur notamment), force est de constater qu’une part importante des foyers est toujours concernée par ce mode de chauffage.
Or, l’étude du Beuc souligne un fait important : plus la part de foyers français se chauffant au gaz va baisser, plus les coûts du gaz vont augmenter pour ceux n’ayant pas encore fait la bascule vers le modèle électrique. En cause ? Une hausse progressive du prix de l’entretien du réseau de gaz à la charge des utilisateurs restants, qui va mécaniquement augmenter au fur et à mesure que le réseau perd des abonnés.
À l’arrivée, les ménages les plus modestes ne disposant pas des moyens nécessaires pour changer leur système de chauffage pourraient donc se retrouver coincés dans un cercle vicieux.
Plan d’électrification : la lumière au bout du tunnel ?
En parallèle du conflit iranien, on peut constater une augmentation progressive du prix du gaz en France. Cette hausse s’explique notamment par :
- une hausse de 6,1 % sur la taxe d'acheminement ATRD (accès des tiers aux réseaux de distribution) en juillet 2025 ;
- le passage d’une TVA de 5,5 % à 20 % sur l’abonnement au gaz en août 2025.
Et l’horizon continue à s’obscurcir quand on sait l’entrée en vigueur à venir de l’ETS 2, un second marché carbone à l’échelle de l’Union européenne. Selon un rapport de la Cour des comptes relayé par l’UFC-Que Choisir, on apprend que : « ce nouveau marché carbone pourrait entraîner des hausses de prix de 11 à 13 % pour le gaz et de 10 à 11 % pour le carburant. Soit, pour les ménages, de 200 à 650 € supplémentaires de dépenses énergétiques par an ».
Ainsi, pour éviter de se retrouver avec des factures de plus en plus difficiles à supporter, les ménages sont incités à se tourner vers le modèle électrique, plus écologique et financièrement plus abordable au regard du prix des factures énergétiques. Le plan électrification dévoilé par le gouvernement fin avril ambitionne à ce titre l’installation d’un million de pompes à chaleur à horizon 2030, notamment par le biais d’un dispositif d’aide à destination des foyers aux revenus modestes.
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