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Placements : les produits structurés dans le viseur de l'AMF

Produits structurés
Placements : les produits structurés dans le viseur de l'AMF

L’Autorité des marchés financiers (AMF) alerte sur la complexité croissante des produits structurés, qui ont collecté 42 milliards d’euros en 2023. Le régulateur recommande davantage de transparence sur les risques et les frais.

Un placement attractif mais technique

Les produits structurés ont rencontré un fort succès ces dernières années. Selon l’AMF, ils ont drainé 42 milliards d’euros en 2023, profitant du retour de taux d’intérêt plus élevés et d’une volatilité accrue sur les marchés.

Concrètement, il s’agit de placements promettant un rendement conditionné à l’évolution d’un indice boursier. Tant que cet indice ne chute pas au-delà d’un certain seuil, un coupon peut être versé. Dans certains cas, le capital est annoncé comme « protégé » à l’échéance, sous conditions.

Comme le rapporte l'Agefi, en 2024, seulement 1 % des produits structurés ont affiché une performance négative, avec un rendement net moyen compris entre 7 % et 8 % par an, selon les données citées par l’AMF. Ce bilan explique leur diffusion croissante, notamment via l’assurance-vie.

Cependant, le régulateur rappelle que leur fonctionnement repose sur des mécanismes parfois difficiles à appréhender, notamment en cas de baisse prolongée des marchés.

Indices complexes et frais peu lisibles

L’AMF attire l’attention sur l’usage massif des indices « à décrément ». Le principe consiste à retrancher chaque année un montant forfaitaire à l’indice de référence. Concrètement, ce mécanisme peut améliorer le rendement affiché lorsque les marchés progressent, mais il peut aussi accentuer la baisse en cas de retournement, fragilisant la protection du capital.

Autre point de vigilance : les frais. Les frais de structuration sont généralement prélevés dès la souscription, mais calculés sur une durée théorique pouvant aller jusqu’à dix ou douze ans. Or, ces produits sont souvent remboursés par anticipation au bout d’un ou deux ans. Dans ce cas, le coût réel supporté sur une courte période peut être bien plus élevé que le taux annuel présenté, souligne l’AMF. Pour améliorer la lisibilité, l’Autorité recommande la création d’un encadré synthétique détaillant l’ensemble des frais.

Une surveillance renforcée des acteurs financiers

Dans le cadre de ses priorités de supervision 2025, l’AMF a également mené des contrôles sur la gestion des risques opérationnels des sociétés de gestion. L’Autorité insiste sur la nécessité de dispositifs solides pour identifier et suivre les incidents, afin de garantir la protection de l’épargne investie.

L’ESMA (l’Autorité européenne des marchés financiers), dans son rapport publié en novembre 2025, classe d’ailleurs le risque opérationnel parmi ses préoccupations prioritaires, au même niveau que le risque de marché.

Dans un contexte d’incertitude économique, ces produits peuvent séduire par leur rendement potentiel supérieur aux placements réglementés. Toutefois, leur intégration dans une stratégie patrimoniale suppose une vision globale de sa situation financière. Une analyse du reste à vivre permet d’évaluer la capacité du foyer à immobiliser une partie de son épargne sans fragiliser son équilibre financier.

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