Après deux années particulièrement difficiles, le secteur de la construction montre enfin des signes d’amélioration. En 2025, 379 222 permis de construire ont été accordés pour des logements, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024, selon les premières estimations du ministère du Logement publiées le 30 janvier. Un sursaut encourageant, mais encore insuffisant pour parler de sortie de crise.
Un rebond fragile après trois ans de crise
Malgré cette progression, le niveau des permis de construire reste 8,8 % en dessous de la moyenne des cinq années précédentes. Le redémarrage apparaît donc relatif. Même constat du côté des mises en chantier : 274 611 logements ont été commencés en 2025, en hausse de 5 % sur un an. Mais ce volume demeure 21,3 % inférieur à la moyenne observée entre 2019 et 2024. Le ministère précise que ces données restent provisoires, le taux de collecte n’atteignant que 65,7 % des mises en chantier.
Dans le détail, la situation reste contrastée :
- 132 819 maisons individuelles autorisées, soit 29,1 % sous la moyenne des cinq dernières années ;
- 246 403 logements collectifs autorisés, un niveau quasiment revenu dans la tendance 2019-2024.
Ce rebond intervient après trois années marquées par :
- la flambée des coûts de construction ;
- la hausse rapide des taux d’intérêt ;
- la fin du dispositif Pinel, ayant freiné l’investissement locatif des particuliers.
De fait, de nombreux projets d’achat ou d’investissement ont été gelés.
Le Plan relance logement : un objectif de 400 000 logements par an
Face à cette crise structurelle, le gouvernement a dévoilé fin janvier un plan de relance du logement ambitieux, présenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu. L’objectif étant de construire 2 millions de logements d’ici à 2030, soit 400 000 par an. Un niveau nettement supérieur à la moyenne récente, à savoir environ 300 000 logements annuels.
Le plan repose sur plusieurs leviers :
- un soutien financier renforcé aux bailleurs sociaux inscrit au budget 2026 ;
- la mobilisation de l’épargne des Français pour relancer l’investissement locatif ;
- un nouveau dispositif fiscal destiné à remplacer le Pinel ;
- une simplification administrative pour accélérer les projets immobiliers.
Selon le ministre du Logement, ce nouveau cadre pourrait permettre la construction de 50 000 logements supplémentaires par an. L’enjeu dépasse le seul secteur du bâtiment. En effet, la construction neuve constitue un moteur majeur de croissance, d’emplois et d’activité pour l’ensemble de l’économie.
Un redémarrage conditionné aux taux immobiliers
Si les permis repartent à la hausse, la véritable relance dépendra aussi de la capacité des ménages à financer leurs projets. Avec la remontée des taux et le durcissement des conditions d’octroi, la capacité d’emprunt des ménages s’est réduite, limitant mécaniquement la demande.
Dans ce contexte, la baisse des taux immobiliers et l’amélioration des conditions de financement resteront déterminantes pour confirmer, ou non, le redémarrage observé en 2025.
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