Selon plusieurs études récentes, le décalage entre la crainte d’un squat, la réalité du risque et la connaissance des recours juridiques possibles reste aux yeux de certains important en France, malgré les évolutions législatives intervenues ces dernières années.
Taux Empruntis relevés le 15/03/2026
Des chiffres qui traduisent une peur diffuse
La France a enregistré entre 6 000 et 7 000 cas de squat en 2022, selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur. Un phénomène quantitativement limité, mais dont l’impact psychologique reste significatif chez les propriétaires.
Une étude menée par Verisure en partenariat avec Ipsos met en évidence un décalage marqué entre la perception et l’exposition réelle au risque. Si 92 % des propriétaires déclarent savoir précisément ce qu’est un squat, 80 % estiment improbable que leur propre bien puisse être concerné.
Dans le même temps, 15 % indiquent avoir déjà été confrontés, directement ou indirectement, à une situation de squat, selon cette même enquête. Ces résultats traduisent une sous-estimation individuelle du risque, alors même que le sujet apparaît régulièrement dans le débat public.
Un cadre juridique renforcé mais jugé perfectible
La loi dite Kasbarian-Bergé, adoptée en 2023, a introduit plusieurs mesures visant à accélérer les procédures d’expulsion et à renforcer les sanctions pénales à l’encontre des squatteurs. Pour autant, ces avancées sont jugées encore insuffisantes par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), estimant que la législation actuelle ne garantit pas une protection homogène du droit de propriété sur l’ensemble du territoire.
L’organisation souligne également que le squat est juridiquement différent d’un conflit locatif, puisqu’il s’agit d’une occupation illégale sans titre ni droit, vécue par les propriétaires comme une dépossession de leur bien.
Parmi les pistes d’évolution évoquées par l’UNPI figurent notamment :
- le renversement de la charge de la preuve au squatteur, et non plus au propriétaire ;
- une clarification de certains cas d’occupation (réservations via les plateformes de meublés touristiques) encore mal qualifiés juridiquement ;
- une automatisation de l’expulsion administrative, aujourd’hui laissée à l’appréciation du préfet en fonction de la situation personnelle de l’occupant.
Une problématique patrimoniale aux lourdes conséquences financières
Au-delà de l’atteinte au droit de propriété, le squat entraîne des répercussions financières immédiates pour le propriétaire. En effet, l’occupation illégale d’un logement rend impossible toute vente du bien ou mise en location tant que la situation n’est pas régularisée, supprimant toute source de revenus.
L’absence de loyers peut fragiliser l’équilibre budgétaire d’un investissement locatif, notamment lorsque celui-ci est financé en partie via un crédit immobilier. Dans le même temps, les charges continuent de s’accumuler : taxe foncière, charges de copropriété, assurances, etc. À ces coûts s’ajoutent fréquemment les dégradations du logement, susceptibles d’alourdir la facture une fois le bien récupéré.
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