À quelques semaines de la rentrée universitaire, trouver un studio ou un T1 relève du parcours du combattant pour de nombreux étudiants. À Lille, certaines agences reçoivent jusqu'à plusieurs milliers d'appels par semaine pour un seul logement disponible, comme le rapportait récemment France Info. Malheureusement, ce phénomène ne touche pas seulement la région lilloise, mais bien l’ensemble du pays. Il traduit une tension structurelle qui touche l'ensemble du parc locatif français, et le réseau des Crous en fait aujourd'hui les frais.
Une pénurie de petites surfaces qui s'installe durablement
Le constat est nouveau dans son ampleur. D'après une étude du portail Bien'ici publiée début juillet 2026, la part des studios encore proposés à la location plutôt qu'à la vente est passée de 47 % à seulement 8 % entre 2019 et 2026. Autrement dit, la quasi-totalité des petites surfaces mises sur le marché aujourd'hui le sont pour être vendues, et non plus louées.
Plusieurs facteurs expliquent cette bascule. L'interdiction de louer les logements classés G au diagnostic de performance énergétique, en vigueur depuis janvier 2025, a fait sortir du parc locatif une partie des studios les plus anciens, souvent les biens les plus concernés par ce classement.
Parallèlement, la remontée des taux de crédit immobilier retarde la sortie du parc locatif des futurs primo-accédants, qui restent locataires plus longtemps faute de pouvoir concrétiser un achat, ce qui accentue la pression sur une offre déjà limitée. Enfin, cette tension s'inscrit dans une évolution de fond de la société française : la taille moyenne des ménages ne cesse de diminuer, avec 2,14 personnes en moyenne en 2023, contre 2,59 en 1990 selon l'INSEE, et 38 % des Français vivent aujourd'hui seuls. Autant de facteurs qui alimentent durablement la demande de petites surfaces, bien au-delà du seul public étudiant.
Le réseau des Crous à son tour débordé
Cette pénurie touche de plein fouet les étudiants, souvent les premiers à rechercher un studio ou un T1 en début d'année universitaire. Selon le rapport d'activité annuel du Crous, la liste d'attente pour un logement en résidence universitaire comptait encore plus de 180 000 demandes non satisfaites au 1ᵉʳ janvier 2026. Une étude de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) publiée en février 2026 va dans le même sens : 15 % des étudiants mettent entre trois et six mois à trouver un logement, un chiffre qui grimpe à près de 23 % en région parisienne.
Pour les étudiants encore sans solution à l'approche de la rentrée, une échéance est à surveiller de près : la phase complémentaire d'attribution des logements Crous a débuté le 7 juillet 2026. Elle reste ouverte à tous les étudiants, boursiers ou non, français ou internationaux, tant que des logements sont disponibles, contrairement à la phase principale réservée en priorité aux boursiers. Un point de passage obligé pour espérer encore décrocher une chambre avant la rentrée, alors que le parc locatif privé continue de se resserrer.
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