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Immobilier : pourquoi la demande ne suffit pas à relancer le marché

Immobilier : pourquoi la demande ne suffit pas à relancer le marché
Immobilier : pourquoi la demande ne suffit pas à relancer le marché

Le marché immobilier français tourne, mais peine toujours à accélérer. C’est le constat dressé lors de la conférence de presse organisée par SeLoger le 2 septembre. Sur place, les différents acteurs réunis autour de la table ronde ont insisté sur un même point : la demande est bien présente, mais elle ne se transforme pas suffisamment en transactions. En cause, un environnement économique et politique particulièrement incertain.

Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, font planer le risque d’une nouvelle flambée des prix de l’énergie. La hausse du prix de l’essence nourrit ainsi les craintes d’un retour de l’inflation. Dans le même temps, l’OAT à 10 ans progresse et a dépassé les 4 % (4,24 % au 2 septembre 2026), un niveau comparable à celui observé pendant la crise de 2008. Conséquence : le taux moyen des crédits immobiliers s’établit autour de 3,60 % sur 25 ans à la fin de l’été, alors que la perspective d’une nouvelle détente monétaire s’éloigne.

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Taux Empruntis relevés le 18/10/2026

Une capacité d’achat toujours sous pression

Cette remontée des taux intervient alors que le pouvoir d’achat immobilier des ménages s’est déjà fortement dégradé. Selon les données présentées lors de la conférence, un ménage peut aujourd’hui acheter en moyenne 66 mètres carrés en France, contre 82 mètres carrés en 2020. Les Français ont ainsi perdu 7 % de leur capacité d’emprunt depuis cette date.

Les loyers continuent également de progresser, avec une hausse de 2,6 % cette année. À Paris, la tension est encore plus visible : l’offre locative est inférieure de 30 % à son niveau d’avant la crise sanitaire.

Pour autant, la demande ne disparaît pas. Baptiste Capron, Directeur Général de SeLoger - Meilleurs Agents, estime que « compte tenu de tous les vents contraires, le marché tourne, mais il reste frustrant car son potentiel est important ». Il souligne également « un immense appétit », avec des chiffres de fréquentation qui « ne font que monter », mais constate un problème de concrétisation des projets.

Olivier Descamps, Directeur Général d’iad France, partage cette analyse. Selon lui, « le marché n’a pas calé, il se normalise. La difficulté vient des différents marchés et de prix encore un peu trop élevés, ce qui entraîne peu de concrétisations ».

Le manque de confiance freine les acheteurs

À cette équation économique s’ajoute désormais une forte incertitude politique. Avec l’élection présidentielle de 2027 qui se profile, certains ménages pourraient préférer attendre avant de s’engager. Guillaume Martinaud, Président d’Orpi France, estime qu' « avant tout, c’est un problème de confiance. On ne sait pas à quelle sauce on va être mangés ». Après avoir constaté un « bon été », il observe toutefois que « les jeunes ont compris que ce n’est pas le moment d’acheter ». Il s’attend également à « neuf mois d’attentisme après les élections présidentielles ».

Vincent Steinhauser, Directeur du Marché des Particuliers du Crédit Agricole, évoque de son côté une « reprise progressive » et une normalisation de l’activité après le pic de 2021-2022. Le groupe affiche selon lui une progression de 15 % de son activité sur un an glissant. Mais le contexte monétaire reste incertain : « la question se pose pour la Banque centrale européenne de monter à nouveau ses taux pour maîtriser l’inflation ». Dans ces conditions, il estime qu’il ne faut « pas attendre de baisse des taux sur la fin de 2026 et probablement pas non plus au début de 2027 ».

Le niveau élevé de l’épargne, autour de 18 %, traduit également la prudence des ménages. Pour Baptiste Capron, l’enjeu consiste à redonner de la visibilité aux Français. « Il ne faut pas que le marché de l’immobilier devienne celui des parieurs. C’est beaucoup trop sérieux pour ça », prévient-il.

Le neuf attend une véritable vision à long terme

Le marché du neuf reste lui aussi confronté à plusieurs difficultés. William Truchy, Directeur Général de Kaufman & Broad, souligne que le prêt à taux zéro « porte l’immobilier depuis trois ans », mais constate une faiblesse des nouveaux projets et une offre stagnante. « Cela donne un logement neuf qui vieillit », estime-t-il, alors que les rythmes de vente restent importants, mais encore insuffisants.

Pour lui, les professionnels ont surtout besoin de visibilité. « Un nouveau ministre, un nouveau nom, une nouvelle loi, mais on a besoin de se projeter et d’avoir une vision à long terme », explique-t-il. Le dispositif Jeanbrun affiche selon lui des premiers résultats très faibles et n’a pas permis au marché de retrouver son niveau attendu. Il pointe également la complexité du dispositif : « la loi est compliquée à comprendre. Cela intéresse peu l’acheteur moyen, qui veut connaître son avantage fiscal ».

Autrement dit, le marché immobilier dispose toujours d’un potentiel important, mais il ne pourra pas compter uniquement sur le retour de la demande. Entre des taux encore élevés, des prix jugés trop importants, une offre insuffisante et un climat politique et économique incertain, les conditions ne semblent pas réunies pour une reprise franche. Tant que la confiance ne reviendra pas, le marché risque donc de continuer à avancer à un rythme progressif.

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