Pour plusieurs raisons, les observateurs économiques savaient que la hausse des taux d’intérêt était inévitable.
Elle est intervenue au cœur du mois d’août, non pas parce que les banques ont voulu profiter malicieusement des vacances et du relâchement d’attention des ménages - elles sont moins calculatrices à cet égard que les responsables politiques avec les décisions fiscales ou les envois d’avis d’imposition…-, mais parce que les causes sont bel et bien apparues en plein été. La France depuis le 23 juillet se refinance à un taux supérieur à 4 %, l’un des plus élevés des pays européens, et les banques désormais achètent la ressource sur ces bases réévaluées.
Taux Empruntis relevés le 03/09/2026
Par ailleurs, l’inflation dans l’espace communautaire, à 2,9 % lissés sur un an, est supérieure aux intentions et elle limite la Banque centrale européenne qui, dans ce contexte, ne peut que tenter de la juguler, un simple maintien des taux dans ces circonstances étant dangereux.
Globalement, le barème des établissements financiers est rehaussé de moins de dix points de base, comme il est dit dans le jargon des banques, 0,10 % pour être compris de tous. Le taux moyen pour un crédit à 20 ans s’établit à 3,43 % et à 3,53 % à 25 ans. Les évolutions de taux sont variables selon les banques, et certaines ont redressé leurs barèmes de 20 points de base, notamment si elles avaient maintenu des taux plus bas au cours du premier semestre, ou pratiqué des taux promotionnels pour soutenir la demande pendant les mois d’été.
Cette augmentation doit-elle inquiéter les acquéreurs potentiels de logements ? En fait, non : il faut analyser la situation de façon panoramique.
D’abord, la hausse des taux, qui enchérit mécaniquement le coût d’une opération d’achat, va entraîner deux effets : le retour de la négociation, le pouvoir passant dans les mains des acquéreurs, qui auront tout bonnement à cœur de compenser un endettement plus onéreux par un prix moindre.
D’ailleurs, deuxième effet, les vendeurs vont d’emblée pour beaucoup tenter d'anticiper la négociation. Pourquoi ne vont-ils pas attendre qu’un candidat à l’achat engage une discussion ? Juste parce qu’en période de taux majorés, les ménages risquent de se détourner d’un bien estimé trop cher. Seuls les biens dont le prix de mise en marché tiendra compte de l’enchérissement des crédits seront regardés dorénavant par les acheteurs.
À cet égard, les spécialistes du crédit donnent des outils de pression aux ménages : pour des revenus déterminés, ils calculent le pouvoir d’achat de l’emprunteur… qui s’impose dans une certaine mesure au vendeur. Si une correction du prix de quelques points conduit à une équation viable avec les revenus de l’acquéreur, il faut la consentir, et les agents immobiliers ou les mandataires des réseaux savent en convaincre le propriétaire.
La communauté des intermédiaires est aujourd’hui dans cette stratégie gagnante pour les deux parties : le vendeur a toujours besoin de vendre et une occasion, avec un acquéreur solvable dont le financement est assuré, ne doit pas être gâchée.
Sans doute au demeurant dans cette période, le recours à un professionnel de la transaction est-il plus utile que jamais.
Enfin, à propos d’accompagnement professionnel, cette période de hausse de taux place de nouveau les courtiers au centre du jeu : plus que jamais, la qualité de présentation d’un dossier de crédit est une clé du succès pour obtenir les meilleures conditions.
Les écarts de taux, mais aussi de montant de l’assurance emprunteur, peuvent être très importants. Sans parler des chances d’être financé ou à l’inverse, du risque que la candidature au crédit ne soit pas retenue par la banque, avant même de vouloir optimiser les conditions. D’autant que toutes les grandes banques ont réduit leurs effectifs et qu’elles voient ces conseils indépendants comme des forces commerciales supplétives, dont elles ont besoin pour leur apporter des dossiers qualifiés.
L’augmentation des taux n’est une mauvaise nouvelle que pour les acheteurs immobiliers qui n’y adaptent pas leur méthode de recherche du bien et du crédit. Pour les autres, elle constitue une donnée avec laquelle il faut compter, et non un obstacle à leurs projets.
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