Environ un projet de rénovation sur trois serait rejeté en copropriété d’après une récente étude publiée par le syndic Matera. Un chiffre qui témoigne de difficultés croissantes pour de nombreux propriétaires à investir et mettre aux normes des immeubles parfois vétustes.
De plus en plus de travaux de rénovation bloqués
Dans son premier Baromètre des Assemblées Générales paru fin juin, le syndic Matera a procédé à l’analyse de près de 32 000 assemblées générales organisées au sein d’environ 11 500 copropriétés. Parmi les principaux enseignements de l’étude, on apprend que 33 % des projets de travaux font l’objet d’un rejet ou d’une abstention. Un chiffre particulièrement élevé au regard de l’ensemble des autres sujets abordés lors des assemblées générales (90 % de résolutions adoptées pour 6 % de rejet et 4 % d’abstention).
Ce chiffre témoigne de la difficulté croissante des propriétaires à entreprendre des travaux de rénovation dans des copropriétés parfois vétustes. Pour expliquer cette tendance, l’étude avance notamment l’argument économique : « ces opérations (isolation, ravalement, rénovation énergétique…) représentent souvent plusieurs milliers d'euros à débourser pour chaque copropriétaire ». Elle souligne également la hausse du coût des chantiers et avance que « le montant moyen des travaux votés en copropriété atteint 9 342 €, en hausse de +9,5 % en deux ans ».
Antoine Serafini, data analyst chez Matera, résume : « Les copropriétaires ne refusent pas les travaux par principe. En revanche, ils sont devenus beaucoup plus attentifs aux montants engagés. Chaque projet doit démontrer son urgence, sa valeur ajoutée pour l'immeuble et sa cohérence économique. Les montants en jeu sont tels que chaque décision fait désormais l'objet d'un examen beaucoup plus approfondi qu'auparavant ».
Des complications pour les plus grandes copropriétés
Le Baromètre des Assemblées Générales de Matera souligne un autre fait notable : plus la copropriété est grande, plus le taux de participation est faible :
- environ 82 % pour les copropriétés de 10 lots ou moins ;
- contre 54 % pour celles de 50 lots ou plus.
Or, ce sont généralement les grands immeubles qui nécessitent la réalisation des travaux les plus importants. Ce manque de participation nuit fortement à la mise en route des chantiers, comme le rappelle Antoine Serafini : « Plus les copropriétaires participent aux décisions, plus les projets ont de chances d'aboutir, qu'il s'agisse de rénovation, d'entretien ou d'amélioration du bâti ».
Vers une numérisation des assemblées générales
L’étude menée par Matera met également en lumière la digitalisation progressive des assemblées générales, qui s’ouvrent de plus en plus à un format dit hybride. Ce nouveau format qui combine présentiel et distanciel constitue aujourd’hui plus de la moitié des assemblées générales (53 %). Une facilitation bienvenue qui simplifie la vie des propriétaires ayant souscrit un crédit immobilier pour l’acquisition d’un logement situé dans une autre région que leur résidence principale et leur permet de participer activement à la vie de la copropriété malgré la distance.
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