La publication annuelle de la Banque de France, parue ce 17 février 2026, dresse un bilan sans appel de la situation financière des foyers les plus précaires. Avec 148 013 dossiers déposés, le surendettement enregistre une hausse de 9,8 % en un an. Si ce niveau reste historiquement inférieur à celui de 2015, la tendance haussière amorcée à l'été 2023 se confirme, portée par une augmentation significative des primo-dépôts (66 % des dossiers).
Profils et territoires : une précarité qui se rajeunit et se féminise
Le "portrait-robot" du surendetté en 2025 met en lumière des disparités sociales et géographiques fortes. L'étude de la Banque de France souligne une surreprésentation des personnes isolées et des populations les plus fragiles :
- une majorité de femmes : Elles représentent 55 % des déposants, souvent à la tête de familles monoparentales (21 % des dossiers, contre 10 % dans la population globale) ;
- l'alerte sur les jeunes : C'est l'un des enseignements majeurs de 2025. Les 18-29 ans représentent désormais 12 % des dossiers. À titre de comparaison, ils ne pesaient que 5 % en 2022 ;
- stabilité des revenus faibles : Le niveau de vie médian des ménages surendettés plafonne à 1 206 €, soit 42 % de moins que la médiane nationale ;
- un clivage géographique persistant : Les dépôts pour 100 000 habitants varient du simple au triple selon les départements. Le Pas-de-Calais (475) et l'Aisne (472) restent les territoires les plus touchés, tandis que la Lozère (164) et Paris (165) affichent les taux les plus bas.
Comment se structure l’endettement en 2025 ?
L'endettement global a bondi de 11,1 % sur un an pour atteindre un montant total de 5 milliards d'euros. Cette inflation du volume financier s'accompagne d'un basculement notable dans la nature des dettes contractées.
- Le poids du crédit à la consommation : C'est le principal moteur du surendettement. Ces dettes (prêts personnels, crédits renouvelables, paiements fractionnés) représentent 44 % de l'endettement global (+0,8 point). Plus inquiétant : elles sont présentes dans près de 3 dossiers sur 4 ;
- le recul relatif de l'immobilier : La part des dettes immobilières s'établit à 25,7 %, en légère baisse. Cela s'explique par la difficulté croissante d'accès à la propriété pour les ménages modestes, ces derniers étant majoritairement locataires (88 %) ;
- Les charges courantes sous pression : Bien que leur part relative diminue légèrement à 13,4 % (-0,8 %), les dettes de "vie quotidienne" (loyers, énergie, impôts) restent présentes dans 75 % des dossiers. On note une légère augmentation des impayés liés à l'énergie et aux télécommunications.
Bénéficiez de notre expertise en regroupement de crédit,
c'est sans engagement !
Autres actualités