La dette publique inquiète les Français. Selon une étude Elabe publiée en septembre, une majorité d’entre eux estiment désormais qu’il est urgent de la réduire.
Le sentiment d’urgence progresse chez les Français
Selon Elabe, 85 % des Français jugent aujourd’hui urgente la réduction de la dette publique, soit neuf points de plus qu’en mai 2023. C’est le niveau le plus élevé mesuré par l’institut sur cette question. La part de ceux qui parlent d’une situation « très urgente » augmente encore plus nettement : ils sont désormais 47 %, soit sept points de plus que fin juillet. À l’inverse, 15 % des Français ne considèrent pas cette réduction comme urgente.
L’âge fait toutefois apparaître quelques différences notables. Le caractère « très urgent » est ainsi cité par 38 % des 18-24 ans, contre 52 % des personnes âgées de 50 ans et plus.
Faire un effort, oui, mais pas pour tout le monde
Si une large majorité souhaite voir la dette diminuer, les Français ne sont pas favorables à un effort généralisé sans distinction, en raison des effets qu’il pourrait engendrer sur leur budget familial. Ils sont ainsi 82 % à s’opposer à une contribution de l’ensemble des retraités, quel que soit leur niveau de revenus. 73 % des sondés refusent également un effort demandé à l’ensemble des Français ou des actifs. En revanche, une majorité se montre favorable à une contribution ciblée sur les ménages et les entreprises les plus aisés :
- 84 % pour les entreprises qui réalisent le plus de profits ;
- 80 % pour les Français les plus aisés ;
- 74 % pour les actifs les plus aisés ;
- 61 % pour les retraités les plus aisés.
À noter que faire contribuer toutes les entreprises ne fait toutefois pas l’unanimité : 60 % des sondés y sont opposés.
Le train de vie de l’État en première ligne
Mais alors, où réduire les dépenses ? Pour 67 % des Français, il faudrait d’abord se diriger vers le train de vie de l’État. C’est la piste la plus citée parmi les dix propositions soumises aux personnes interrogées, parmi trois réponses possibles. La réduction globale des dépenses publiques arrive ensuite avec 44 %, devant la hausse des impôts pour les entreprises qui réalisent le plus de profits (37 %).
Les réformes visant à favoriser la croissance économique et la diminution des dépenses sociales recueillent chacune 32 % des réponses. En revanche, augmenter les impôts de manière globale séduit peu. Seuls 11 % des Français y sont favorables pour les entreprises, contre 5 % pour les particuliers.
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