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Logements vacants : où se cachent-ils vraiment en France ?

Savoir où se cachent les logements vacants
Logements vacants : où se cachent-ils vraiment en France ?

La question sur les logements inoccupés revient à chaque vague de froid. Mais leur répartition ne correspond pas toujours aux urgences sociales.

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Plus de 3 millions de logements vacants

En France, 3,6 millions de logements sont inoccupés, selon les chiffres de la base gouvernementale Lovac. Un chiffre régulièrement mis en regard de l’augmentation du nombre de personnes sans domicile, estimé à 350000 en 2025 par la Fondation pour le logement des défavorisés. De quoi nourrir l’idée d’un gisement de logements immédiatement mobilisables. Mais la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît. Une partie de ces logements est vacante de façon temporaire, entre deux ventes ou deux locations. D’autres sont durablement inoccupés, parfois depuis plusieurs années, et ce malgré la stabilité des taux de crédits immobiliers actuels. Cette vacance de longue durée dite «structurelle» persiste pour des raisons bien identifiées :

  • logements en mauvais état nécessitant des travaux lourds;
  • successions bloquées et désaccords entre héritiers;
  • choix patrimoniaux assumés par les propriétaires.

Une vacance concentrée dans les territoires les moins attractifs

L’autre réalité majeure concerne la répartition géographique de ces logements. Contrairement à une idée répandue, la vacance durable n’est pas principalement située où la demande est plus forte. Selon les chiffres Lovac issus du Cerema, seul un tiers des logements vacants depuis plus de deux ans se trouvent dans les zones dites «tendues». La vacance se concentre surtout :

  • dans les zones rurales;
  • les villes moyennes en perte d’attractivité;
  • certains territoires situés le long de la fameuse «diagonale du vide», qui traverse la France du nord-est au sud-ouest.

Ces espaces cumulent plusieurs fragilités : vieillissement démographique, recul de l’emploi local, départ des jeunes ménages et parc immobilier ancien, souvent mal isolé et peu adapté aux attentes actuelles.

À l’inverse, dans les grandes métropoles, la part de logements vacants reste plus faible. À Paris, par exemple, elle est estimée à 2,8 %, soit un peu plus de 21000 logements. Mais là encore, il s’agit bien souvent de biens anciens, de petite taille et peu adaptés aux standards actuels, notamment sur le plan énergétique.

Réquisition et fiscalité : des leviers aux effets limités

Face à cette situation, la réquisition des logements vacants est régulièrement évoquée comme une réponse d’urgence. Le cadre légal existe pourtant depuis 1946 et permet au préfet de mobiliser des logements inoccupés depuis plus d’un an. Mais dans la pratique, ce dispositif reste très peu utilisé. En cause? Des procédures jugées trop longues, complexes pouvant être contournées par une simple remise en location du bien concerné. Par ailleurs, en milieu rural, la réquisition poserait aussi la question du déplacement des personnes sans abri vers des territoires où l’accès à l’emploi, aux soins ou aux services est plus limité. Dans les grandes villes, les collectivités privilégient donc d’autres leviers pour lutter contre les logements vacants, comme :

  • la rénovation de bâtiments publics vides;
  • la taxation des logements vacants;
  • ou les incitations financières à la remise sur le marché.

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