On entend souvent « c’était mieux avant ! », mais était-ce réellement le cas ? En octobre, Les Vérificateurs, la cellule de fact-checking de TF1, se sont attelés à comparer la génération des « boomers » aux jeunes adultes autour de quatre grands indicateurs : l’accès au logement, l’emploi, la retraite et le niveau de vie.
Taux Empruntis relevés le 29/10/2026
L’accès au logement devenu un parcours du combattant
Si les jeunes générations peinent aujourd’hui à s’installer, une idée reçue veut que leurs aînés, les « boomers », nés entre 1946 et 1964, aient connu des conditions d’accès bien plus favorables.
L’analyse des travaux de l’économiste Jacques Friggit confirme cet écart générationnel. Entre 1965 et 2000, le prix des logements est resté stable par rapport aux revenus des ménages français. Début 2026, en revanche, ce même prix dépasse de 55 % sa tendance de long terme. Pour acheter un bien moyen avec un apport et un effort financier équivalents, il fallait emprunter sur 15 ans à l’époque, contre 23 ans aujourd’hui.
Si le crédit coûtait bien plus cher avant, avec des taux immobiliers atteignant les 16 à 17 % au début des années 1980, les prêts contractés se remboursaient sur des durées plus courtes, entre 9 et 15 ans au maximum. Aujourd’hui, malgré des taux plus bas, la durée moyenne des crédits s’étend sur 23 ans et 4 mois. Conclusion tirée par l’étude : les ménages s’endettent davantage en 2026. Leur dette immobilière représente désormais 70 % de leur revenu annuel disponible, contre 30 % au milieu des années 80.
Travail, retraite et pouvoir d’achat : la fin de l’âge d’or
Le marché du travail s’est, lui aussi, fortement tendu :
- le chômage des 15-24 ans a largement augmenté : selon l’Insee, le taux de chômage des jeunes adultes est passé de 7,9 % en 1975 à 21,6 % au deuxième trimestre 2026 ;
- la précarisation de l’emploi : le CDI n’est plus la norme. Seuls 18,7 % des moins de 25 ans occupaient un emploi précaire en 1982, contre 56,9 % aujourd’hui ;
- des retraites plus tardives et plus coûteuses : une personne née en 1950 pouvait prétendre au départ à 60 ans avec 40,5 ans de cotisations. Pour un jeune né dans les années 2000, il faudra cotiser 43 ans et attendre 64 ans minimum. L’effort financier s'est également alourdi : le taux de cotisation passe de 23,6 % (génération 1955) à 28 % (génération 2000), d'après le Conseil d’orientation des retraites (COR).
Le seul domaine où la rupture est moins nette concerne la rémunération. Les salaires et le niveau de vie global des Français n’ont pas connu de réelle envolée : le salaire net d’entrée dans l’emploi s'élevait à 14 100 € par an pour les anciennes générations, contre 15 700 € pour ceux ayant débuté entre 2009 et 2011.
En revanche, le reste du budget s'est considérablement assombri. Le taux de pauvreté est en nette hausse : il atteignait 6 % chez les jeunes en 1970, contre 18,6 % en 2024. Les dépenses contraintes ont également augmenté : loyer, énergie, assurances et télécoms représentent aujourd'hui 30,3 % du revenu brut, contre 19,4 % en 1970.
Profitez de notre expertise au meilleur taux !
à partir de 3,05% sur 15 ans(1)
Autres actualités