La crise du logement affecte durablement les 18-34 ans. Difficultés d’accès à la location comme à la propriété, renoncements professionnels et personnels : selon une étude récente, le logement est devenu un facteur structurant des inégalités chez les jeunes générations.
Taux Empruntis relevés le 15/06/2026
Le logement, une priorité absolue pour les 18-34 ans
L’accès au logement constitue aujourd’hui la première préoccupation des jeunes adultes, devant la santé. C’est l’un des principaux enseignements d’un sondage réalisé par Odoxa pour Nexity auprès de 2 459 jeunes âgés de 18 à 34 ans, interrogés entre le 15 et le 26 décembre 2025. Dans un contexte de forte tension immobilière dans les grandes villes, sur le marché de l’achat comme de la location, le logement ne représente plus un levier d’émancipation, mais une contrainte structurante du quotidien.
Selon l’étude, près de sept jeunes sur dix ont déjà renoncé à au moins un projet majeur pour pouvoir se loger. Le premier renoncement est géographique : 40 % ont abandonné l’idée de vivre dans la ville de leur choix, tandis que 37 % ont quitté les centres-villes, devenus financièrement inaccessibles. Ces arbitrages sont souvent accompagnés d’un déménagement contraint ou d’un éloignement des bassins d’emploi.
Un mal-logement aux conséquences sociales et professionnelles
Au-delà de l’adresse, la qualité du logement pose également problème. Près de 70 % des jeunes estiment leur logement inadapté à leurs besoins, évoquant une mauvaise isolation phonique (39 %), des difficultés de chauffage (32 %), des problèmes d’humidité (28 %) ou un manque de luminosité (19 %). La concurrence sur le marché locatif et le décalage entre loyers et salaires figure parmi les principales causes de ces situations subies.
Ces contraintes ont des répercussions directes sur les parcours professionnels. Toujours d’après le sondage, trois jeunes sur dix déclarent avoir renoncé à candidater à un emploi faute de pouvoir se loger à proximité. Près d’un quart ont également abandonné une formation ou des études, le logement conditionnant l’accès à certains établissements. Cette moindre mobilité géographique contribue à une forme d’inertie sociale, en limitant l’accès à l’emploi qualifié dans les zones tendues.
Budget contraint et accès à la propriété compromis
Le poids du logement pèse lourdement sur le budget des jeunes ménages. Un jeune sur deux modifie ses habitudes alimentaires pour faire face à son loyer ou à son prêt immobilier, et près d’un tiers renonce à certains soins médicaux, faute de pouvoir avancer les frais. Les dépenses dites variables (loisirs, vêtements, vacances) sont réduites pour 82 % des personnes interrogées.
Cette pression budgétaire freine également la constitution d’une épargne. Six jeunes sur dix déclarent être dans l’incapacité de mettre de l’argent de côté, rendant plus difficile la constitution d’un apport personnel nécessaire à l’achat immobilier. Dans ce contexte, l’accès au crédit immobilier apparaît étroitement lié au niveau de revenus, et dans certains cas, à l’héritage.
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