L’absentéisme continue de progresser dans les entreprises françaises. Selon la dernière étude publiée par Malakoff Humanis, près d’un salarié du secteur privé sur trois a été arrêté au moins une fois en 2025. Un phénomène qui concerne de plus en plus les jeunes actifs, les cadres et les managers.
Les arrêts longs concentrent la majorité des journées d’absence
Le taux d’absentéisme atteint désormais 4,3 %, soit une hausse de 25,5 % par rapport à 2019. Plus qu’une hausse ponctuelle, l’étude met en évidence une évolution durable du rapport au travail et à la santé.
Les arrêts de plus de 60 jours représentent aujourd’hui le principal enjeu. Ils ne constituent que 9,4 % des arrêts de travail, mais concentrent à eux seuls 63,8 % des journées d’absence. Leur nombre a par ailleurs progressé de 4,9 % en un an.
Des différences apparaissent également selon les générations :
- les salariés de moins de 30 ans sont davantage concernés par des absences répétées, mais de courte durée (21 % ont été arrêtés à deux reprises et 17,5 % trois fois ou plus) ;
- les plus de 55 ans s’arrêtent moins souvent, mais leurs absences sont plus longues, avec une durée moyenne de 39,7 jours.
La santé mentale devient le premier motif des arrêts prolongés
Les troubles psychologiques, notamment les épisodes dépressifs et le burn-out, constituent désormais le premier motif des arrêts prolongés. En 2025, ils représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, contre 30,3 % en 2020. Ils devancent les pathologies rhumatologiques (21,6 %) et les traumatismes (15,1 %), dont les niveaux évoluent peu au fil des années.
Certaines catégories de salariés apparaissent particulièrement exposées :
- les femmes (36,9 % contre 28,7 % pour les hommes) ;
- les cadres (44,4 % contre 32,5 % chez les non-cadres).
L’étude met également en lumière une fragilité croissante des managers. Plus d’un sur deux (53 %) déclare s’être vu prescrire au moins un arrêt de travail en 2025.
Des entreprises encore peu préparées
L’absentéisme est devenu un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises. Pourtant, si 63 % d’entre elles se disent concernées par le sujet, 55 % n’ont mis en place aucune action spécifique pour y faire face.
Le retour à l’emploi après un arrêt long reste également une étape délicate. Au total, 72 % des salariés déclarent que la reprise après une absence de plus de 30 jours est difficile, soit 14 points de plus en deux ans. Ces arrêts prolongés peuvent avoir des conséquences dans d'autres démarches comme lors de la souscription d'une assurance emprunteur. Pour Malakoff Humanis, le défi consiste désormais à renforcer les actions de prévention et à mieux accompagner les salariés lors de leur retour au travail.
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