À l’occasion de la rentrée 2026, l'institut de sondage Elabe a sondé les Français pour connaître leur état d’esprit. Et les chiffres sont parlants. Malgré une amélioration par rapport à la rentrée 2025, particulièrement morose, les difficultés économiques pèsent fortement sur le moral des Français.
Quand les fins de mois dictent le moral
69 % des Français déclarent aller bien, dont 60 % assez bien, et 9 % très bien. Un niveau similaire à la rentrée 2024 et 2023, mais en hausse par rapport à l’année 2025, qui avait enregistré 59 % d’interrogés déclarant aller bien. Le premier constat tiré par l’étude Elabe fait le lien entre le moral des Français et leur santé économique. 87 % des Français qui finissent leurs fins de mois sans se restreindre déclarent aller bien, et à l'opposé, 56 % des sondés qui doivent se priver en fin de mois déclarent aller mal.
La majorité de la population (79 %) déclare se serrer la ceinture, et quasiment un tiers (26 %) “beaucoup”. Bien que les chiffres soient impressionnants, la pression recule de 2 points depuis mai 2026.
Une réalité qui se reflète dans les priorités d’actions adressées à l'exécutif. En effet, le pouvoir d’achat est largement cité comme priorité par les Français (48 % des sondés).
Un constat appuyé par le fait que les Français ont cité la hausse des prix du carburant comme un des événements les plus marquants de l’été (44 %), juste derrière les épisodes de canicule et de sécheresse (45 %) et les incendies (61 %).
Inflation et surendettement : le ressenti confronté aux données
Si l’étude Elabe établit un lien direct entre la santé financière des Français et leur moral, il est intéressant de se pencher plus en détail sur les chiffres de l’inflation de l’INSEE. Et ceux-ci correspondent au ressenti des Français. L’inflation atteint +2,4 % sur un an, largement tirée par une hausse des prix de l’énergie qui, sur la même période, ont progressé de 12,6 %. Paradoxalement, en août 2025 les prix de l’énergie reculaient de 6,2 % et l’inflation globale était établie à +0,9 %.
Autre indicateur parlant, le baromètre de l’inclusion financière publié mensuellement par la Banque de France. Celui-ci rapporte une hausse de 10,9 % de dépôts de dossiers de surendettement sur les sept premiers mois de 2026, par rapport à la même période de 2025. Une hausse qui se poursuit depuis l’été 2023. Pour autant, la Banque de France rappelle que le nombre de dossiers est 32 % inférieur à ceux de 2015, impliquant une importante baisse structurelle.
Elabe tire le constat d’un rapport étroit entre santé économique et morale. Mais, la pression ressentie recule de 2 points au même moment où l'inflation mesurée passe de 1,8 à 2,4 %. Il semble aussi qu’il y ait un écart sensible entre l’inflation perçue et celle mesurée.
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