La loi de finances 2026 introduit trois modifications fiscales applicables à tous les types de plans d’épargne retraite (PER) depuis le 1er janvier 2026. Hausse des prélèvements sociaux, fin de la déductibilité après 70 ans et plafonds de report élargis : l’administration fait le point sur ce qui change.
Trois modifications fiscales applicables depuis le 1er janvier 2026
La loi de finances pour 2026 a introduit trois changements dans la fiscalité du PER, tous types confondus, selon une annonce faite sur le site du service public. Les anciens produits d’épargne retraite ne sont pas concernés et conservent leur régime propre.
- Premier changement : en raison d’une hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) de 1,4 point sur les revenus du capital, le taux global des prélèvements sociaux sur le PER est passé de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse entraîne mécaniquement une augmentation du taux de la flat tax, qui passe de 30 à 31,4 % pour les sorties en capital. Ce nouveau taux s’applique à toutes les sommes récupérées depuis le 1er janvier 2026, que ce soit en rente ou en capital.
- Deuxième changement : à partir de 70 ans, les versements réalisés sur un PER ne sont plus déductibles du revenu imposable. Selon le gouvernement, cette mesure vise à recentrer l’avantage fiscal sur la phase active de la préparation à la retraite, certains titulaires ayant utilisé principalement le dispositif comme outil de transmission patrimoniale. Les versements restent donc possibles après 70 ans, mais ils ne bénéficient plus de l’avantage fiscal.
- Troisième changement (plus favorable au contribuable) : il peut désormais mobiliser les plafonds de déduction non utilisés des cinq années précédentes, contre trois auparavant, et la mutualisation entre conjoints est maintenue.
Un produit qui reste majeur malgré les ajustements
Malgré ces durcissements, le PER reste le premier produit d’épargne retraite individuelle en France. Selon le ministère de l’Économie, 12,7 millions de personnes détiennent désormais un PER, pour un encours total de 141,1 milliards d’euros au 30 septembre 2025, soit une progression de 19 % sur un an. Cette dynamique concerne les trois types de PER :
- les PER individuels, qui concentrent 82,4 milliards d’euros d’encours ;
- les PER d’entreprise collectifs, estimés à 31,7 milliards d’euros ;
- les PER d’entreprise obligatoires, chiffrés à 27,1 milliards d’euros.
La baisse simultanée du Livret A à 1,5 % depuis le 1er février 2026 renforce mécaniquement l’attrait relatif du PER pour les épargnants, qui recherchent un rendement supérieur à long terme, en dépit de la hausse des prélèvements sociaux.
Des arbitrages patrimoniaux qui peuvent peser sur le budget des ménages
Certains foyers alimentaient régulièrement leur PER comme levier de réduction d'impôt. Mais la suppression de la déductibilité après 70 ans et la hausse des prélèvements sociaux à la sortie modifient sensiblement les équilibres budgétaires anticipés. Un ménage qui avait planifié sa retraite en intégrant un avantage fiscal devenu caduc peut se retrouver avec un reste à vivre inférieur à ses projections initiales. Un moment charnière pour prendre le temps d'établir un état précis de son budget familial en intégrant charges de crédit, épargne et revenus nets, afin d’ajuster sa stratégie financière.
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