Une « légère respiration » mais loin d’une reprise nette : voici comment David Benbassat, président de la plateforme d’annonces Bien’ici, décrit la tendance du marché locatif. Lors d’une conférence de presse à laquelle Empruntis a participé, le dirigeant a présenté une série d’éléments clés pour comprendre les tensions actuelles autour de la pierre.
Taux Empruntis relevés le 09/07/2026
Enfin une reprise ?
Ça ne s’était plus vu depuis la remontée des taux immobiliers en 2022 : le premier semestre 2026, comparé à la même période de l’année précédente, enregistre une hausse significative de l’offre locative en France (+ 12,5 %). Un « frémissement technique » perçu comme un « signal positif » par l’Observatoire Bien’ici, mais encore loin d’acter un « retour à la normale » selon les mots de David Benbassat.
Les chiffres, en effet, montrent une réduction drastique du nombre de biens disponibles en location depuis quatre ans. L’Observatoire n’hésite pas à parler d’une « hémorragie », avec un volume « divisé par 2,5, gelant presque totalement la mobilité résidentielle des Français ».
Une mutation de la demande
Outre les volumes bruts décimés, c’est aussi à travers des détails plus pointus que se révèle la crise du logement. La fluidité du marché est compromise par une profonde mutation de la demande : les logements disponibles ne correspondent plus aux besoins de la population.
La plateforme évoque une « mutation sociologique qui bouscule le marché de la location » avec 64 % de la demande globale désormais concentrée sur les studios et les deux-pièces : « c’est le reflet de l’évolution de notre société. Ces petites surfaces sont prises d’assaut par les étudiants et les jeunes actifs, mais aussi par de nouveaux profils ». En cause notamment, les jeunes couples et les familles monoparentales, de plus en plus nombreuses.
Des biens également plus chers
Enfin, une autre dimension des difficultés pour les ménages est le coût, parfois très élevé, pour accéder à un logement dans certaines zones. Toujours selon l’observatoire, il faut aujourd’hui, pour louer un 60 m², disposer d’un revenu mensuel d’au moins :
- 1 740 € dans les zones rurales ;
- 2 550 € dans les dix plus grandes métropoles (hors Paris) ;
- Et enfin, le plus impressionnant : 5 850 € à Paris.
Bien’ici constate ainsi qu’il faut « gagner au moins deux fois le SMIC pour louer un studio dans la capitale, contre 1,5 fois le SMIC en dehors de Paris ».
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