Crédit immobilier : quel est votre projet ?
- Accueil
- Prêt immobilier
- Etapes achat immobilier
- Co-emprunteur
- Acheter un bien immobilier à deux
- Contrat de mariage séparation de biens
Le contrat de mariage en séparation de biens : guide complet
⏱L'essentiel en quelques mots
Avant de célébrer leur union, de nombreux couples font le choix du contrat de mariage. Parmi les différents régimes matrimoniaux, il en existe un qui se distingue par la liberté accordée aux deux époux. Voici tout ce que vous devez savoir sur le contrat de mariage en séparation de biens :
- chaque époux conserve la jouissance des biens acquis avant et durant le mariage ;
- pour un bien immobilier, acheter à deux est toujours possible par le biais de l’indivision ;
- ce régime est particulièrement adapté aux couples dont l’un des conjoints est travailleur indépendant ou a des enfants issus d’une précédente union ;
- si l’un des conjoints est seul propriétaire du logement familial, l’accord de son époux est nécessaire pour vendre le bien ;
- il est obligatoire de passer devant un notaire pour officialiser le contrat.
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un contrat de mariage en séparation de biens ?
- Inconvénients et risques liés à ce régime matrimonial
- Comparaison avec les autres contrats de mariage
- Comment choisir le bon régime matrimonial pour mon couple ?
- Les conséquences juridiques et financières d'un contrat de mariage en séparation de biens
- Dans quels cas faire un contrat de mariage en séparation de biens ?
- Comment mettre en place un contrat de mariage en séparation de biens
- Et en termes de fiscalité ?
Qu'est-ce qu'un contrat de mariage en séparation de biens ?
Définition du contrat de mariage
Le contrat de mariage est un acte juridique signé par les futurs époux. Il a pour but de définir avec précision les relations patrimoniales tout au long du mariage. De la même manière, c’est ce contrat qui permettra de procéder à la juste répartition des biens entre les époux en cas de divorce ou de celle entre les héritiers et le conjoint survivant en cas de décès.
Lors de la signature du contrat de mariage, vous devez choisir parmi quatre régimes matrimoniaux :
- La séparation de biens ;
- La communauté réduite aux acquêts ;
- La communauté universelle ;
- La participation aux acquêts.
Bon à savoir
Le contrat de mariage n’est pas obligatoire. Dans ce cas de figure, vous êtes automatiquement soumis au régime de la communauté réduite aux acquêts...
Les principes fondamentaux de la séparation de biens
Le régime matrimonial de la séparation des biens se distingue par le fait que les patrimoines des deux époux demeurent séparés. Cela concerne autant les biens acquis avant que durant le mariage. Autrement dit, chaque conjoint conserve l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels.
Au-delà du patrimoine, le régime de la séparation des biens concerne également les dettes de chaque époux. Ainsi, vous n’êtes tenu à aucune obligation concernant d'éventuels impayés contractés par votre conjoint, que ces dettes soient nées avant ou durant le mariage. Seules exceptions à la règle, les dettes contractées dans le cadre de l’entretien du ménage et de l’éducation des enfants (alimentation, factures, fournitures scolaires, etc.).
En clair, un contrat de mariage en séparation des biens permet à chaque époux de gérer son épargne et ses dépenses comme il l’entend. Cela implique également qu’en cas de divorce, vous n’êtes pas soumis à un partage des biens. Ainsi, si vous avez financé l’achat d’un véhicule avant ou durant votre mariage, vous en gardez la pleine propriété.
Bon à savoir
Seuls l’argent déposé sur un éventuel compte courant commun et les biens acquis en indivision sont partagés lors d’une séparation.
Il existe également quelques règles à connaître en matière d’immobilier. Tout d’abord, sachez que vous ne pouvez pas vendre la résidence familiale sans l’accord de votre époux, même si vous en êtes le propriétaire. Notez aussi que même si vous avez opté pour un mariage en séparation des biens, rien ne vous empêche de financer conjointement l’achat d’un logement. C’est ce que l’on appelle un achat en indivision. Toutefois, il est indispensable de notifier sur l’acte de vente la contribution de chaque personne (apport et quote-part dans le remboursement).
Avantages de la séparation de biens
Avant de choisir son régime matrimonial, il convient de peser le pour et le contre. Ici, on va se pencher sur les avantages et les inconvénients du régime de la séparation des biens.
Du côté des plus, on peut mentionner :
- une procédure plus juste et moins problématique en cas de divorce. En l’absence d’un patrimoine commun, chaque bien est conservé par son propriétaire. Il n’est donc pas nécessaire de passer par l’étape de répartition des biens qui est souvent une source de conflits importants ;
- chaque personne est protégée face aux dettes contractées par autrui. L’exemple le plus connu concerne les professions indépendantes considérées comme à risque. En cas de liquidation judiciaire, seul le propriétaire du commerce est redevable face aux créanciers ;
- en cas de décès d’un des deux époux, ce sont les enfants qui sont avantagés lors de la transmission de l’héritage ;
- les biens provenant d’une succession ou d’une donation restent la propriété individuelle de chaque époux.
Inconvénients et risques liés à ce régime matrimonial
Un régime parfois peu protecteur pour le conjoint le plus vulnérable
En cas de divorce, la séparation de biens peut mener à une situation déséquilibrée si l’un des conjoints s’est retrouvé en difficulté financière pendant la vie commune : longue période de chômage, arrêt d’activité pour élever les enfants, investissement dans un projet commun sans contrepartie financière directe, etc. En effet, le patrimoine accumulé reste la propriété de celui qui l’a acquis, même si l’autre a contribué de manière indirecte. Sans clauses spécifiques dans le contrat ou reconnaissance des efforts fournis, il peut donc y avoir un sentiment d’injustice au moment du partage.
Des difficultés possibles en cas de biens ou de comptes partagés
Même sous ce régime, les couples partagent parfois un compte bancaire commun ou investissent ensemble dans un bien immobilier. Lors d’une séparation, il peut alors être complexe de prouver qui a financé quoi, surtout si les apports n’ont pas été précisément tracés. Le risque ? Des désaccords (voire des contentieux) au moment de la liquidation des comptes ou de la vente d’un bien en indivision.
Un formalisme et un coût à ne pas négliger
Opter pour la séparation de biens implique souvent de passer devant un notaire, que ce soit au moment du mariage ou plus tard via une modification du contrat. Cette démarche a évidemment un coût (honoraires, frais d’acte), auquel il faut ajouter éventuellement celui de conseils juridiques si votre situation de famille ou patrimoniale est complexe. Ce formalisme vient avec plus de sécurité, certes, mais il peut aussi en freiner certains !
Comparaison avec les autres contrats de mariage
La communauté réduite aux acquêts
Il s’agit du régime par défaut lorsque vous ne souscrivez pas de contrat de mariage. Ici, vous conservez la propriété des biens acquis avant le mariage. À l’inverse, les biens acquis (revenus compris) suite à votre union sont partagés avec votre partenaire.
La communauté de biens ou communauté universelle
Dans ce régime matrimonial, l’ensemble des biens - mobiliers comme immobiliers - acquis durant et après le mariage sont mis en commun. À noter que cela implique le remboursement de dettes contractées par l’un des membres du couple.
La participation aux acquêts
On peut ici parler d’une formule hybride. Durant le mariage, c’est le régime de la séparation de biens qui fait figure de référence. Mais en cas de divorce ou de décès, le notaire intervient pour une répartition équitable. Pour ce faire, il calcule l'enrichissement de chaque époux sur la durée du mariage. La personne qui présente l’épargne la plus faible possède alors ce que l’on appelle un droit de créance de participation. Autrement dit, la possibilité de réclamer une somme d’argent selon les calculs effectués par le notaire.
Comment choisir le bon régime matrimonial pour mon couple ?
Nous vous conseillons largement d’étudier chaque régime matrimonial avant de procéder à la signature du contrat de mariage. Comme vous avez pu le voir, certains se prêtent davantage à certaines configurations.
Quelle est votre situation professionnelle actuelle et future ?
Salarié en CDI, indépendant, entrepreneur, intermittent, en reconversion : la nature de votre activité impactera directement votre choix. Par exemple, un professionnel à son compte peut préférer la séparation de biens pour protéger son conjoint des créanciers de sa société. À l’inverse, deux salariés avec des revenus stables pourraient privilégier la communauté réduite aux acquêts pour sa simplicité et sa logique de partage.
Quel est votre patrimoine au moment du mariage ?
Si l’un de vous possède déjà un bien immobilier, un patrimoine financier ou a reçu une donation, il est important de clarifier comment ce patrimoine sera géré dans le cadre du mariage. Dans ce cas, la séparation de biens permet de maintenir une indépendance patrimoniale totale. La communauté universelle, quant à elle, met tout en commun (y compris les biens acquis avant l’union) : c’est intéressant pour des couples sans enfants d’union précédente et aux situations très fusionnelles.
Souhaitez-vous préserver une forme d’équité en cas de séparation ou de décès ?
La participation aux acquêts peut être un bon compromis : chacun reste propriétaire de ses biens pendant le mariage, mais une répartition équitable est prévue en cas de rupture. Ce régime est parfois rassurant pour les couples où l’un investit beaucoup dans la vie de famille, sans forcément générer de revenus personnels.
Avez-vous des enfants d’une union précédente ou souhaitez-vous organiser votre succession ?
Certains régimes (comme la communauté universelle avec clause d’attribution intégrale) facilitent la transmission du patrimoine au conjoint survivant, mais ils peuvent désavantager les enfants d’un premier mariage. Dans ce cas, une analyse fine avec votre notaire s’impose pour concilier protection du conjoint et équité successorale !
Quelle place souhaitez-vous accorder à l’indépendance financière dans votre couple ?
Si vous tenez à ce que chacun conserve la gestion de ses finances, la séparation de biens reste le régime le plus clair. À l’inverse, si vous avez une gestion totalement commune de vos projets et revenus, le régime communautaire peut être cohérent.
Les conséquences juridiques et financières d'un contrat de mariage en séparation de biens
Conséquences lors d'un divorce
Parler de divorce alors que l’on n’est pas encore marié peut sembler étrange, pour ne pas dire pessimiste. Pourtant, près d’une union sur deux finit par une séparation en France. Mieux vaut donc faire preuve de prévoyance et anticiper les conséquences d’un divorce sur votre patrimoine.
Dans le cas présent, le régime de séparation de biens prévoit que chaque membre du couple conserve les biens acquis avant et durant le mariage. Ce modèle a donc l’avantage d’éviter les conflits et la perte de temps au moment du partage.
Conséquences en cas de décès
Le contrat en séparation de biens en cas de décès de l’un des deux époux prévoit que le conjoint survivant peut récupérer un quart du capital du défunt. Aussi, seuls les biens propres au conjoint décédé sont transmissibles à l’époux encore en vie.
Bon à savoir
La plupart des régimes matrimoniaux prévoient que le conjoint survivant récupère la moitié du capital. Si vous choisissez un contrat de mariage en séparation de biens, sachez toutefois que vous avez la possibilité de modifier le régime au moment de la préparation de la succession.
Gestion de la propriété des biens acquis pendant le mariage
Le contrat de mariage en séparation de biens stipule que chaque partenaire conserve la propriété des biens acquis durant l’union. Il existe toutefois deux exceptions majeures :
- le partage du compte courant commun (dans le cas où vous en avez ouvert un durant votre mariage) ;
- le partage du bien immobilier acquis en indivision.
Dans quels cas faire un contrat de mariage en séparation de biens ?
L’un des conjoints est travailleur indépendant
Exercer en tant que travailleur indépendant expose à certains risques. Le contrat de mariage en séparation de biens limite ce danger. En effet, en cas de faillite, les dettes ne peuvent être partagées. Ainsi, seul l’époux qui exerce en qualité d’indépendant peut voir ses biens propres saisis pour rembourser ses dettes professionnelles.
Des enfants sont nés d'un précédent mariage
Lorsqu’il est question de succession avec contrat de mariage séparation de biens , il est tout à fait normal de vouloir mettre ses enfants à l’abri. Mais à une époque où les familles recomposées font partie de la norme, des complications peuvent survenir.
Avec le régime de séparation de biens, les descendants du défunt sont davantage protégés. En effet, seul un quart du capital revient au conjoint survivant, laissant un patrimoine plus important à l’ensemble des enfants, issus de cette union ou d’une précédente union.
Des crédits immobiliers sont déjà en cours
Il est tout à fait possible qu’un couple se marie alors que l’un des deux conjoints a un prêt immobilieren cours. En l’absence d’un contrat de mariage, l’époux non-propriétaire du bien peut demander à être indemnisé à hauteur du montant des remboursements effectués durant la durée du mariage. Pour éviter ce désagrément, le contrat de mariage en séparation de biens protège le conjoint propriétaire. Seul un bien immobilier acquis en indivision par le couple peut faire l’objet d’un partage en cas de divorce.
Comment mettre en place un contrat de mariage en séparation de biens
Les étapes de mise en place du contrat
Il est impératif de vous renseigner en amont sur les différents régimes matrimoniaux induits par un contrat de mariage. Après vous être mis d’accord, vous devez obligatoirement prendre contact auprès d’un notaire pour la rédaction dudit contrat.
Bien entendu, ces étapes doivent avoir lieu avant le mariage. Généralement, il est conseillé de vous y prendre plusieurs semaines à l’avance pour éviter de vous retrouver dans l’embarras si la procédure venait à prendre du retard pour une raison ou une autre.
Les documents nécessaires
Pour officialiser un contrat de mariage, chaque futur époux doit fournir :
- un acte de naissance datant de moins de trois mois ;
- une copie de la pièce d’identité ;
- une fiche de renseignement d’état civil ;
- l’indication du lieu d’habitation et de la situation professionnelle ;
- la date et le lieu des noces.
Il est également à noter que d’autres documents peuvent être demandés dans le cas où l’un des conjoints n’est pas de nationalité française. De la même manière, vous devez obligatoirement fournir une attestation de jugement de divorce si vous avez déjà été marié.
Le rôle du notaire
Après vous être mis d’accord avec votre conjoint sur le régime matrimonial souhaité pour votre contrat de mariage, vous devez vous rapprocher d’un notaire. C’est lui qui va rédiger le contrat en tenant compte de vos souhaits et de vos situations respectives (enfants d’une précédente union, patrimoine, situation professionnelle, etc.).
À noter que les règles suivantes - fixées par la loi - doivent toujours être respectées et mentionnées dans le contrat :
- droits et devoirs qui résultent du mariage ;
- règles de l'autorité parentale ;
- règles d'ordre légal des héritiers.
Le coût d'un contrat de mariage en séparation de biens
Le prix d’un contrat de mariage en séparation de biens varie en fonction de plusieurs critères :
- les types de biens mobiliers et immobiliers notifiés dans le contrat ;
- l'émolument du notaire ;
- les frais de procédure et de publicité.
Toutefois, on estime qu’en moyenne, le prix d’un contrat de ce type est estimé entre 350 et 500 €.
Et en termes de fiscalité ?
Même sous ce régime matrimonial, les couples mariés doivent effectuer une déclaration d’impôt sur le revenu commune (sauf en cas de séparation ou de divorce). En effet, il n’a donc aucune incidence sur la fiscalité des revenus : vous restez solidaires pour l’impôt sur l’ensemble des revenus du foyer.
Quant aux donations entre époux ou succession, il peut toutefois compliquer certaines transmissions en l’absence de clauses spécifiques. Par exemple, un conjoint survivant n’aura aucun droit automatique sur les biens de l’autre, à moins qu’une donation entre époux ou un testament ait été prévu. Fiscalement, les droits de succession entre conjoints sont exonérés, mais encore faut-il qu’il y ait quelque chose à transmettre !
En cas de divorce, puisque chaque époux reste propriétaire de ses biens, il n’y a pas de masse commune à liquider fiscalement (sauf en cas d’indivision ou de comptes communs). Les démarches sont ainsi simplifiées, mais s’il y a un risque de litiges si les apports et acquisitions n’ont pas été bien documentés.
Profitez de notre expertise au meilleur taux !
à partir de 2,85% sur 15 ans(1)