À l’hiver 2025, des millions de foyers peinent à boucler les fins de mois. Selon l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), dans son « tableau de bord de la précarité énergétique » (édition novembre 2025), le taux de pauvreté monétaire atteint 15,4 % et la précarité énergétique concerne environ 10,1 % de la population.
Un niveau de vie en berne pour les plus fragiles
En 2023 et selon l’Insee, le niveau de vie des 30 % des ménages les plus modestes a reculé, une première depuis la crise sanitaire. En cause :
- la hausse des prix plus rapide que celle des revenus ;
- la fin des aides exceptionnelles (prime inflation, chèque énergie) ;
- une baisse des revenus d’activité pour de nombreux travailleurs précaires.
Le seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian s’établit désormais à 1 288 € par mois (par unité de consommation). Le taux de pauvreté atteint 15,4 %, son plus haut niveau depuis 1996. Certaines populations sont particulièrement touchées : 34,3 % des familles monoparentales, 37,3 % des inactifs et plus de 1 enfant sur 5 vivent sous ce seuil.
Parallèlement, les inégalités de revenus explosent. Le rapport interdécile (qui compare les revenus des 10 % les plus riches aux 10 % les plus pauvres) atteint 3,49, un niveau proche du record historique.
Des impayés et de la privation, jusqu’au surendettement
La précarité ne se mesure pas uniquement en euros. En 2024, 12,7 % de la population vit en situation de privation matérielle et sociale : chauffage insuffisant, impossibilité de payer les factures, renoncement à une alimentation équilibrée ou à des vacances. Et ce chiffre grimpe à 11,5 % pour le seul poste du chauffage, en forte hausse ces 6 dernières années.
En 2024, 14,7 % des 20 % les plus pauvres vivent dans une passoire thermique (étiquette F ou G du DPE). Ce chiffre monte à 18,7 % pour les propriétaires pauvres et 18,1 % pour les locataires du privé.
Face à cette réalité, les impayés explosent : 46 % des personnes accompagnées par le Secours Catholique déclarent être en difficulté tandis que le montant médian des impayés atteint 815 €, principalement pour l’énergie ou le loyer. En 2024, le montant médian des impayés d’énergie est de 500 €, mais un quart des ménages concernés ont des dettes supérieures à 1 020 €.
Ces difficultés matérielles s’accompagnent donc souvent d’un surendettement non maîtrisé. D’après la Banque de France, les dossiers de surendettement ont augmenté de 9,5 % en 2024, avec une part croissante liée aux charges courantes (logement, énergie) plutôt qu’aux crédits à la consommation.
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