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Le fonctionnement des droits de succession en France

L'essentiel en quelques mots

Après un décès, les héritiers reçoivent une part d’héritage selon leur lien familial avec le défunt. Ils doivent alors s’acquitter de frais de succession sur cet héritage. En France, les droits de succession sont calculés à partir d’un ensemble d’éléments qui font fluctuer parfois sensiblement leur montant : 

  • pour déterminer les droits de succession, le notaire recense l’intégralité du patrimoine détenu par le défunt (immobilier et mobilier) puis retranche le passif successoral pour calculer la part nette taxable de chacun des héritiers ;
  • la répartition de cette part nette taxable est ensuite effectuée à partir du lien de parenté des héritiers et de leur place dans l’ordre de succession (dévolution légale) ;
  • sur la part nette taxable, les héritiers bénéficient alors d’un abattement dont le montant dépend de leur lien de parenté ;
  • il est possible de réduire le montant des frais de succession en réalisant différentes démarches préventives (donation, assurance vie, démembrement, etc.) ;
  • après déduction de l’abattement, un barème progressif d’imposition est appliqué déterminant ainsi le montant définitif des frais de succession ;
  • le notaire, conseiller et interlocuteur privilégié des héritiers pendant la succession, est chargé de réaliser et de déposer la déclaration de succession dans les 6 mois suivant le décès ;
  • d’une manière générale, le calcul des droits de succession devient plus favorable à mesure que le lien de parenté avec le défunt est étroit, aussi bien pour le montant de l’abattement que pour le barème progressif de l’impôt.
Les droits de succession
Le fonctionnement des droits de succession en France

Qu'est-ce que le droit des successions en France ?

Le droit des successions en France désigne l'ensemble des règles juridiques qui régissent le transfert de propriété d'une personne décédée vers ses héritiers. Ce cadre légal définit non seulement la répartition du patrimoine entre les ayants droits, mais également les obligations fiscales qui y sont rattachées (frais de succession pour la transmission du patrimoine). 

La procédure de succession vise alors à définir une clé de répartition du patrimoine net entre les héritiers à partir de l’inventaire des biens, des actifs et du passif du défunt. Une fois la liquidation et le partage de la succession effectués, la part nette revenant à chaque héritier est taxée, notamment en fonction du montant et de la proximité du lien de parenté entre l’héritier et le défunt.

Comment fonctionne le droit des successions ?

Le fonctionnement du droit des successions repose sur un ensemble de règles qui régissent les modalités de transmission du patrimoine du défunt et la répartition entre les héritiers. Chacun des héritiers identifiés reçoit ainsi une part d’héritage proportionnelle à son lien de parenté une fois que le passif du défunt (dettes) a été déduit de la totalité de ses actifs. Cette part d’héritage est soumise à des frais de succession qui constituent un impôt indirect sur la transmission. 

Cette imposition est tout d’abord modérée par des possibilités d’abattement puis calculée à partir d’un barème progressif sur le montant taxable après abattement. Là encore, le montant de ces frais de succession est variable selon les configurations. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte dans le calcul des droits de succession et notamment : 

D’une manière générale, le calcul des frais de succession en France est plus favorable en fonction de l’étroitesse du lien de l’héritier avec le défunt. Les héritiers en première ligne (enfants et leurs descendants, conjoints) sont en effet particulièrement avantagés par rapport à des héritiers plus lointains dans l’ordre de succession.

Comment sont calculés les droits de succession ?

Le calcul des droits de succession est une formalité relativement complexe qui passe par plusieurs étapes :

La définition de la valeur nette de succession

Le calcul de la valeur nette taxable se fait en 3 temps : 

  1. Le notaire commence par inventorier tous les biens possédés par le défunt pour déterminer l’actif brut. Sont notamment pris en compte les meubles, les bijoux, les biens immobiliers, les véhicules ou encore les biens mobiliers immatériels (épargne, titres détenus, parts de société, etc.) ;
  2. Il recense ensuite le passif du défunt, c’est-à-dire toutes les dettes potentiellement existantes au jour du décès. Il peut s’agir notamment de dettes fiscales, d’emprunts bancaires non-remboursés en totalité comme par exemple un crédit immobilier ou encore des frais d’obsèques ;
  3. Le notaire retranche enfin le passif successoral de l’actif brut afin d’obtenir l’actif net taxable.

La répartition de l’actif net à partir de la définition de l’ordre des héritiers

Une fois l’actif net calculé, celui-ci doit être réparti entre les différents ayants droits à l’héritage. Si la répartition du patrimoine aux héritiers peut être décidée du vivant de la personne grâce à un testament, des règles de transmission bien spécifiques s’appliquent en absence de testament. 

Dans ce second cas de figure, l’ordre des héritiers est déterminé à partir de la dévolution légale, c’est-à-dire en fonction du degré de parenté. L’ordre de priorité, en l’absence de conjoint survivant est alors le suivant, chacune de ces catégories excluant les suivantes : 

  1. Les enfants du défunt ainsi que leurs descendants ;
  2. Les parents du défunt, les frères et sœurs du défunt ainsi que leurs descendants ;
  3. Les ascendants du défunt autres que ses parents (par exemple ses grands-parents ou encore ses oncles et tantes) ;
  4. Les collatéraux du défunt autres que les frères et sœurs ou leurs descendants (cousins, cousines puis cousins et cousines éloignés).
💡

La place particulière du conjoint du défunt dans l’héritage 

Dans tous les cas de figure, l’époux du défunt hérite toujours. Toutefois, sa part d’héritage varie en fonction des situations et notamment selon la présence ou non d’autres héritiers et le type de régime matrimonial choisi (contrat de mariage ou non). L’ex-époux ne peut en revanche prétendre à l’héritage. Il en est de même pour le concubin. Le partenaire de PACS lui, en revanche, peut hériter si cela est stipulé dans le testament. 

Le conjoint hérite de la totalité des biens si le défunt n’a pas eu d’enfant et n’a plus ses parents (¾ si un parent est encore en vie et la moitié si les 2 parents sont toujours vivants). Même en présence d’un testament, les enfants du défunt (et leurs descendants) ainsi que l’épouse du défunt (en l’absence d'enfants) ne peuvent être totalement exclus de l’héritage. Ils sont en effet désignés comme héritiers réservataires par opposition à la quotité disponible qui fait référence aux autres héritiers testamentaires.

L’application des abattements

Une fois la part de chaque héritier déterminée, l’administration fiscale applique un abattement pour la plupart des héritiers, faisant mécaniquement baisser la part imposable. Le montant de cet abattement dépend là encore du degré de parenté (il augmente selon la proximité du lien de parenté) avec : 

La soustraction de cet abattement de l’actif taxable successoral permet de déterminer la part taxable.

L’application du barème progressif

Sur la part taxable après abattement, on applique enfin un barème progressif en fonction du montant de cette part. À l’image de l’impôt sur le revenu, celui-ci augmente à mesure que la somme reçue en héritage s’élève  Voici un tableau récapitulant le barème d’imposition pour les héritiers en ligne directe selon la tranche de la part taxable après abattement :

Part taxable après application de l’abattement

Barème progressif d’imposition

Inférieure à 8 072 €

5 %

Entre 8 072 € et 12 109 €

10 %

Entre 12 109 € et 15 932 €

15 %

Entre 15 932 € et 552 324 €

20 %

Entre 552 324 € et 902 838 €

30 %

Entre 902 838 € et 1 805 677 €

40 %

Au-delà de 1 805 677 €

45 %

Source : impots.gouv.fr, juin 2025

Les frères et sœurs bénéficient eux d’un barème spécifique moins progressif avec seulement 2 tranches :

Les parents jusqu’au quatrième degré doivent pour leur part s’acquitter de 55 % de frais de succession. Les héritiers sans lien de parenté (avec donc le degré de lien le plus éloigné) s’acquittent eux du pourcentage le plus élevé avec 60 % de droits de succession. 

Exemple de calcul des frais de succession :

Pour un héritage entre un père et son fils (en ligne directe donc) d’un montant de 200 000 € net (après apurement des dettes), on applique un abattement de 100 000 € (pour un enfant du défunt). La part taxable passe alors à 100 000 €. Sur ces 100 000 €, on applique ensuite le barème progressif avec : 

Le montant total des droits de succession dans ce cas de figure est de 18 293,90 € (403,60 + 403,60 + 573,30 + 16 813,40).

💡

Bon à savoir

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS inscrit dans le testament n’ont pas à régler de droits de succession. D’autres possibilités d’exonération totale existent pour certains publics dans des configurations particulières (actif net de moins de 3 000 €, héritiers de victimes de guerre ou du terrorisme, de militaires, policiers, gendarmes ou pompiers décédés dans le cadre de leur mission, réversion de rente viagère, monuments historiques, etc.).

Quand et comment payer les droits de succession ?

Le paiement des droits de succession doit être effectué dans les 6 mois suivant le décès du défunt, au moment du dépôt de la déclaration de succession à l’administration fiscale. Des exceptions existent cependant : 

Le cas échéant, l’héritier doit malgré tout verser des intérêts de 0,20 % par mois et apporter une garantie de paiement (cautionnement, hypothèque). Il dispose de 4 mois pour le faire. 

Le règlement des droits de succession peut être réalisé par chèque, par virement, par carte bancaire, en espèces (jusqu’à 300 €) ou en don à l’État. Au-delà de 10 000 € de droits de succession, il est possible d’effectuer le paiement grâce à des œuvres d’arts, des objets ou livres de collections, des biens immobiliers situés en zones d'intervention du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres ou encore des bois, des forêts ou des espaces naturels incorporables au domaine forestier de l’État.

Les solutions pour réduire les frais de succession

Des solutions existent cependant pour réduire leur montant : 

Quel est le rôle du notaire dans une succession ?

Le notaire est un acteur pratiquement incontournable dans les démarches relatives à la succession. Les héritiers doivent en effet obligatoirement faire appel à un notaire pour toutes les successions : 

Le notaire a pour rôle de veiller à la bonne exécution des volontés du défunt et à faire appliquer la loi relative à la transmission du patrimoine. C’est à lui que revient la charge d’établir et de déposer la déclaration de succession auprès du service des finances publiques. 

Parmi ses attributions au cours de la procédure, le notaire doit notamment réaliser les formalités suivantes : 

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