Le logement s’impose comme l’un des grands enjeux des municipales de 2026. Ce mardi 9 décembre 2025, la FNAIM a réuni quatre maires lors du Congrès immobilier 2025 à Paris pour débattre de ce sujet crucial. Jean-François Copé, Franck Louvrier, Jean-Christophe Fromantin et Isabelle Le Callennec ont proposé des pistes pour répondre à la crise. La rédaction d'Empruntis a assisté à l'événement. Reportage.
Taux Empruntis relevés le 17/01/2026
Jean-François Copé prévient : chaque ville a ses propres défis
« Une ville n’est pas une autre ville. Et je rêve que l’État veuille bien l’entendre », amorce Jean-François Copé, maire de Meaux. Les élus interrogés par Marie Drucker, ce mardi, représentent des territoires aux problématiques très différentes.
À La Baule-Escoublac, Franck Louvrier dénonce une injonction paradoxale : l’État veut « faire une ville sur la ville » mais sans en donner les moyens financiers. À Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin pointe la même difficulté, cette fois pour le logement social : « Nous avons de nombreuses demandes, mais très peu d’aides pour les concrétiser. »
L’ancienne maire de Vitré et députée européenne, Isabelle Le Callennec, déplore la lenteur administrative des constructions : « J’ai signé un permis de construire en 2020, l’immeuble n’est toujours pas sorti de terre. » À Meaux, Jean-François Copé mise sur la transformation des quartiers difficiles : une vingtaine de tours ont déjà été démolies pour créer des espaces plus sécurisés.
Tous plaident pour une véritable liberté d’action locale afin d’adapter les politiques aux spécificités de chaque territoire.
« Les dirigeants n’ont aucune idée de ce qu’implique la propriété privée »
Les maires ont-ils encore les moyens d'agir ? Pour beaucoup, le maire reste l’acteur le mieux placé pour agir, car il connaît les besoins de sa commune. « Les clés sont dans les mains des maires », affirme Franck Louvrier. Jean-François Copé acquiesce : « Il faut faire confiance aux professionnels présents sur le terrain. »
Pourtant, tous dénoncent une perte de capacité d’action, freinée par des normes trop nombreuses et un manque criant de moyens financiers. Loïc Cantin, président de la FNAIM, résume la situation : « Les maires ont eu les clés par le passé, mais aujourd’hui ils ne sont pas libres. La connaissance du logement, ce sont les maires qui l’ont, pas les députés. »
« Les dirigeants n’ont aucune idée de ce qu’implique la propriété privée. Je n’ai jamais vu ça auparavant. Ils ignorent ce que c’est que de payer le fioul ou de transmettre un bien à ses enfants », renchérit Jean-François Copé.
Les attentes des élus pour relancer le logement
Face à la crise actuelle du logement, les maires formulent plusieurs demandes fortes :
- plus de liberté d’action locale : il faut adapter les politiques aux spécificités des communes (zones tendues, villes industrielles, quartiers sensibles…) ;
- une stratégie nationale claire et stable avec des mesures concrètes, notamment la régulation des locations courte durée ;
- des leviers financiers et incitatifs : défiscalisation, allégement des normes, accès facilité au crédit immobilier et mise en place du statut de bailleur privé.
« La fiscalité est un point important. On en attendait beaucoup avec le PLF. On a été déçu, il n’est pas à la hauteur. Il y avait de bonnes propositions mais rien n’aboutit », déplore Isabelle Le Callennec.
En attendant le vote définitif du budget, l’Europe tranchera le 16 décembre sur plusieurs dossiers clés : régulation des locations courte durée, aides d’État au logement et normes de construction.
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